La pilule contraceptive reste l’une des méthodes les plus utilisées pour éviter une grossesse. Mais certains contraceptifs hormonaux peuvent être associés à des risques spécifiques, notamment lorsqu’ils sont utilisés sur une longue période.

Parmi eux, le désogestrel, un progestatif utilisé seul à la dose de 75 microgrammes dans certaines pilules contraceptives, fait l’objet d’une attention particulière. Une étude menée par EPI-PHARE, le groupement d’intérêt scientifique de l’Assurance maladie et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), a mis en évidence une légère augmentation du risque de méningiome intracrânien chez les femmes utilisant ce contraceptif de manière prolongée.

Le méningiome est une tumeur qui se développe à partir des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. Généralement bénigne, elle peut néanmoins provoquer des troubles lorsqu’elle comprime certaines zones du cerveau. Selon sa localisation, elle peut notamment entraîner des maux de tête, des troubles de la vision, une faiblesse musculaire ou d’autres troubles neurologiques.

Selon l’étude d’EPI-PHARE, le risque reste faible, mais il augmente avec la durée d’utilisation. Il apparaît notamment à partir de cinq années d’utilisation continue : le risque était multiplié par 1,51 entre cinq et sept ans et par 2,09 au-delà de sept ans.

Dans l’ensemble, les chercheurs estiment qu’un méningiome intracrânien nécessitant une intervention chirurgicale est observé pour environ 67 000 femmes exposées au désogestrel. Chez celles ayant utilisé ce contraceptif pendant plus de cinq ans, l’estimation est d’environ un cas pour 17 000 femmes.

Ces résultats ne signifient pas qu’il faut arrêter sa contraception sans avis médical. EPI-PHARE recommande de ne pas interrompre un traitement contraceptif de sa propre initiative, notamment en raison du risque de grossesse non désirée. Un médecin, un gynécologue ou une sage-femme peut aider à déterminer si la contraception utilisée reste adaptée.

Certains symptômes doivent toutefois inciter à consulter : maux de tête fréquents, troubles de la vision, faiblesse inhabituelle des bras ou des jambes, troubles du langage ou de l’audition, convulsions ou troubles de la mémoire.

Selon les données d’EPI-PHARE, le sur-risque de méningiome associé au désogestrel n’est plus observé un an après l’arrêt du traitement.

L’étude permet également de distinguer le désogestrel des autres contraceptifs. Aucun sur-risque de méningiome n’a été mis en évidence avec le lévonorgestrel, utilisé seul ou associé à un œstrogène, quelle que soit la durée d’utilisation.

Épiphanie Djagni

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